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Construire près d’un cours d’eau : risque inondation et PPRI

Cote de référence, remblais encadrés, sous-sols déconseillés, assainissement adapté : ce que le risque inondation change pour un projet près d’une rivière du Var.

Publié le 16 mars 2026 · Mis à jour le 16 mars 2026

Un terrain plat au bord d’une rivière, à quelques minutes de la mer, avec de grands arbres et de l’ombre en été : sur le papier, c’est un emplacement idéal. Mais dans le Var, les cours d’eau côtiers qui paraissent paisibles l’été peuvent monter en quelques heures lors des épisodes orageux d’automne. Autour de Bormes-les-Mimosas, le Batailler, la Maravenne à La Londe-les-Maures ou le Réal Collobrier traversent des secteurs habités. Avant d’acheter un terrain ou de lancer un projet près d’un cours d’eau, il faut connaître le risque et les règles qui l’encadrent. Cet article fait le point sur le PPRI et sur ce qu’il change pour un projet de terrassement ou de construction.

Qu’est-ce qu’un PPRI ?

Le plan de prévention du risque inondation est un document élaboré par l’État, qui délimite les zones exposées aux crues et fixe, pour chacune, des règles d’urbanisme et de construction. Il s’impose au plan local d’urbanisme et aux autorisations de construire. Toutes les communes ne sont pas couvertes par un PPRI approuvé ; certaines disposent d’un atlas des zones inondables ou d’études qui sont prises en compte dans l’instruction des permis. La mairie est le bon interlocuteur pour savoir quel document s’applique à votre parcelle.

Des zones aux règles différentes

Les PPRI distinguent généralement des zones où le risque est fort, dans lesquelles les constructions nouvelles sont en principe interdites, et des zones où le risque est plus modéré, dans lesquelles elles sont autorisées sous conditions. Les couleurs et les appellations varient d’un plan à l’autre ; c’est le règlement propre à chaque PPRI qui fait foi.

Ce que cela change pour un projet

La cote de référence

En zone constructible sous conditions, le règlement impose souvent que le premier plancher habitable soit situé au-dessus d’une cote de référence, correspondant au niveau atteint par la crue de référence, avec parfois une marge de sécurité. Cette exigence a des conséquences directes sur le terrassement : on ne crée pas une plateforme de maison de la même façon quand le plancher doit être surélevé.

Les remblais

Remblayer un terrain pour le mettre hors d’eau semble une solution logique. C’est pourtant souvent interdit ou très encadré en zone inondable : un remblai prend la place de l’eau et la renvoie chez les voisins ou en aval. Les règlements privilégient la « transparence hydraulique » : constructions sur vide sanitaire ou pilotis, clôtures ajourées, absence d’obstacle à l’écoulement. Par ailleurs, au titre de la réglementation sur l’eau, les remblais dans le lit majeur d’un cours d’eau peuvent nécessiter une déclaration ou une autorisation au-delà de certains seuils de surface.

Les sous-sols et les équipements

Les sous-sols sont généralement déconseillés ou interdits en zone inondable. Les équipements sensibles, comme le tableau électrique, la chaudière ou le local technique d’une piscine, doivent être placés au-dessus de la cote de référence. Les cuves doivent être lestées ou ancrées pour ne pas être soulevées par la poussée de l’eau.

L’assainissement

Une installation d’assainissement non collectif en zone inondable ou sur un sol à nappe haute demande une conception adaptée : cuves ancrées, traitement éventuellement surélevé avec un poste de relevage, regards étanches. C’est l’étude de sol et de filière, réalisée par un bureau d’études et validée par le SPANC, qui définit la solution.

Même hors zone réglementée, l’eau reste à surveiller

Un terrain peut être hors de tout zonage officiel et subir pourtant le ruissellement lors des orages : vallon sec qui se remplit, chemin qui se transforme en torrent, point bas où l’eau stagne. Dans les Maures, les sols peu épais sur le schiste absorbent mal les pluies intenses, et le ruissellement est rapide. Un projet bien conçu identifie ces chemins de l’eau dès l’avant-projet et prévoit les ouvrages nécessaires : reprise des pentes, fossés, noues, ouvrages de gestion des eaux pluviales.

Les bonnes pratiques de chantier près d’un cours d’eau

  • Ne pas stocker les déblais ni les matériaux dans le lit ou sur les berges, surtout en période orageuse.
  • Surveiller les prévisions météo et mettre les engins en sécurité avant un épisode annoncé.
  • Limiter la durée d’ouverture des fouilles, qui se remplissent vite et peuvent s’effondrer.
  • Ne pas modifier les berges ni le lit sans autorisation : ces interventions relèvent de la réglementation sur l’eau.
  • Prévoir des fouilles de fondations adaptées aux sols alluviaux, souvent moins porteurs et plus humides.
  • Consulter en mairie le PPRI ou l’atlas des zones inondables
  • Lire l’état des risques avant d’acheter
  • Vérifier la cote de référence imposée au plancher
  • Ne pas compter sur un remblai pour se mettre hors d’eau
  • Placer les équipements sensibles en hauteur
  • Ancrer les cuves et adapter l’assainissement

Questions fréquentes

Peut-on agrandir une maison existante en zone inondable ?

Cela dépend du règlement du PPRI et de la zone concernée. Certains règlements autorisent des extensions limitées, sous réserve de ne pas augmenter la vulnérabilité et de respecter la cote de référence pour les nouvelles surfaces. D’autres les interdisent en zone de risque fort. La réponse se trouve dans le règlement, et le service urbanisme de la mairie peut vous l’expliquer avant tout dépôt de dossier.

Une piscine est-elle possible en zone inondable ?

Souvent oui, sous conditions : le bassin enterré ne fait pas obstacle à l’eau, mais il doit être balisé pour qu’on ne tombe pas dedans lorsque la zone est submergée, et le local technique doit être placé au-dessus de la cote de référence. Les déblais de la fouille ne doivent pas être régalés sur place en remblai. Chaque règlement fixe ses propres prescriptions.

Comment savoir si mon terrain a déjà été inondé ?

L’état des risques mentionne les sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles dont le vendeur a connaissance. La mairie peut aussi disposer de repères de crues et d’informations sur les événements passés. Sur le terrain, les laisses de crue, les dépôts de limon ou les traces sur les murs sont des indices à ne pas négliger.

Le terrassement peut-il réduire le risque ?

Il peut améliorer l’écoulement des eaux de ruissellement sur la parcelle, protéger une maison contre les eaux de surface ou créer des ouvrages d’infiltration. En revanche, il ne peut pas soustraire un terrain à une crue de rivière, et les modifications de terrain en zone inondable sont encadrées. Il faut distinguer ruissellement local et débordement de cours d’eau.

Vous avez un projet de construction ou d’aménagement près d’un cours d’eau à Bormes-les-Mimosas, à La Londe-les-Maures ou à Collobrières ? Nous vous aidons à organiser le terrassement en tenant compte des contraintes du règlement applicable et du comportement de l’eau sur votre terrain. Demandez votre devis en joignant, si vous l’avez, l’extrait du document de zonage.

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